WELCOME TO OANDA



Le second espace présenté sera celui de Luc Boltanski et Eve Chiapello à propos du nouvel esprit de capitalisme. Certes, mais sans revenus, rien à consommer. Politique environnementale des États-Unis.

1- Vision de l’entreprise dans 5 ans


Il semble que Christine Lagarde ne considère pas que ce soit son problème. Qui seraient les victimes? De quoi ont-elles peur? Signaler ce contenu comme inapproprié. Ça sent la panique. Libor, Euribor, Gold-fixing, sub-primes…. Le cours du bitcoin va se stabiliser au fur et à mesure de son adoption…. La bourse tu as un sous-jacent, une société, des matières. Les devises nationales, tu as une économie.

Tout bitcoin, lui, est échangeable immédiatement et instanténement contre son pesant de dollars. Sans frais de transactions qui plus est. Il est donc très facile de les convertir en dollars. Je me suis encore fait censuré mon commentaire de réponse… Je re-poste: BitCoin est bâti sur des mathématiques, et les mathématiques ne se régulent pas. Faudra vous y faire. En même temps, depuis , vous ne pensiez quand-même pas que la fête allait durer éternellement, non?

Tout le reste sera toujours un chateau de cartes que les Etats pourront balayer comme un fétu de paille , à tout moment. Vous avez tout a fait raison: Vous êtes vous renseigné sur la difficulté actuelle à miner un Bitcoin? Sinon je ne vois pas pourquoi l etat devrait interdire le bitcoin.

Ayant assisté à la convention Bitcoin à Miami je peux vous garantir que les mineurs rentrent parfaitement dans leurs frais. Cependant on parle des mineurs qui investissent plus de USD dans du matos. Cà risque de ne pas marcher très longtemps….

Rien de neuf, à part la technologie. Fanch, Il est difficile de répondre sérieusement à ce que vous écrivez, le mineur ne creuse pas, il apporte sa puissance de calcul au réseau pour que celui-ci puisse fonctionner. Et il est rétribué par le réseau pour sa contribution. Plus le réseau est valorisé plus les gains du mineur sont important.

Les problèmes posés sont nombreux, entre autres parce que ces algos fonctionnent toujours sur le principe de faire des opérations de très gros volume en très peu de temps pour faire une marge de profit.

Certes le bitcoin fluctue, mais que dire du pesos! Ils perdront une fraction de leur épargne: Ils ont acheté des assignats ou des bulbes de tulipes , ils ont voulu faire confiance à une devise non-régulée, non appuyée sur un Etat: Une proie rêvée pour des spéculateurs, donc. Le Bitcoin a la meme valeur que ces billets de 10 euros dans vos poches: Votre autre commentaire sur les declarations de la Reserve Federale sont egalement inexacts.

Le dollar est la monnaie du gouvernement, celle avec laquelle vous payez vos taxes, celle que le gouvernement utilise pour ses transactions, etc. The greater fool theory, le principe de la bulle spéculative: Une histoire bien connue de tulipomanes.

Le virtuel lui peut tout betement disparaitre , par définition. La comparaison ne tient guère si vous avez su diversifier vos placements. Ici, rien de tout ca. On peut critiquer le Bitcoin sur pas mal de points de vue: A force de nier la réalité, ceux qui pensent diriger vont se faire très vite rattraper par la réalité, et ça va faire très mal. En , tout le monde sera son propre banquier. Oui la réflexion sur le protocole qui permettra de créer des banques décentralisée avance plutôt bien: Vous ne lisez donc pas les réponses à vos commentaires.

Adrian vous a déjà répondu sur ce poin: Le bitcoin est né en aux Etats-Unis. Près de criptoo-monnaies sont apparues. Le procédé en surface et en apparence adapté aux instruments actuels: La volatibilité du Bitcoin permet toutes sortes de manipulations et spéculations.

Votre commentaire sur le manque de tracabilite des BTC prouve votre meconnaissance de ce systeme. Cependant il existe des moyens pour effacer la traçabilité. Il ne peut pas avoir de chiffre 9 dans une adresse BTC, lisez la doc technique ;-. Difficile de remonter au noeud de départ car tout noeud apparaît comme la source de la transaction à défaut de structure centrale ou aboutiraient toutes les transactions.

Le système des retraites par répartition, par exemple, voilà un vrai système de Ponzi. Madoff est aussi connu pour ça. Il y aura toujours quelques cotisants. En tout cas ce post de blog se trouve en une sur le site du Monde. Mais ça reste une pyramide de Ponzi. Vous aimeriez, vous, payez plus pour avoir rien?

De votre propre citation: Tiens, on dirait que tous les trolls libertarés se sont donnés rendez-vous ici pour poster des commentaires délirants. En effet , le système des retraites est un montage financier qui fait des promesses intenables: Ce rappel se trouve aussi sur bitcoin. De plus, la logique de ce M. Lorsque vous cotisez, vous payez de manière très transparente les pensions des retraités actuels.

Lorsque vous partirez à la retraite, vous serez payés par les cotisations des actifs. Mais votre analyste est rigoureusement correcte. Vu les volumes à la vente, la chute ne fait que commencer! Le processus de création monétaire est limité avec le bitcoin, ce qui tend à utiliser cette monnaie de manière spéculative.

Les banques italiennes se trouvent, elles aussi, confrontées à une forte augmentation de leurs créances douteuses. Le volume des créances douteuses des banques espagnoles continue de gonfler.

Le protocole est intéressant. Le bitcoin à mon sens est une expérience fondatrice sur une des utilisations grand-public de la cryptographie et oui, il en restera toujours quelque chose dans le domaine des transactions virtuelles. On a déjà plusieurs dizaines de monnaies interchangeables du même type. Monsieur Ugeux, à quand un article pour corriger les erreurs de votre précédent post sur le Crédit Agricole?

Quand on se trompe à ce point, on corrige si on a un minimum de rigueur non? Il faudra alors organiser leur faillite ordonnée. Je discute sur Skype avec mon fils qui réside aux USA. Changez simplement de banque. Western Union ou Paypal sont moins couteux. Il ne font ni plus ni moins que de la speculation. Dans le schéma de Ponzi, on paye les intérêts avec le capital placé. Ici, on a un objet mathématique en quantité limité 21 millions, et des spéculateurs qui jouent sur sa rareté.

Ce qui est déplorable et maladroit: Si le bitcoin fonctionne sur une pyramide de Ponzi, que dire des spéculations sur le marché des changes? Spéculation, oui, mais pas pyramide de Ponzi, car alors toute personne achetant des actions à long terme pour pouvoir les revendre un jour à un meilleur prix est un arnaqueur.

Le jour où une monnaie virtuelle sera disponible en assez grande quantité pour répondre à la demande, les instituts de carde de crédit et les banques vont perdre une bonne partie de leurs revenus.

Pas cher Euro ou dollar svp. Ramené à ce que pré-cité, en QUOI le BTC serait-il plus une monnaie de singe que des bouts de papiers avec la tête de présidents dessus?? Le BTC est un gain de liberté pour les Citoyens de la planète entière. Le Bitcoin est un Protocol tout à fait transparent, les sources sont publiées, pour certifier une transaction sans contrôle central.

On peut considérer la spéculation sur le Bitcoin comme un montage frauduleux comme beaucoup de spéculations. Concernant la manipulation des cours, oui oui et oui et cela continuera. La surveillance des comportements: Quatre investissements du corps par le pouvoir sont décrits dans Surveiller et punir: Le contremaître, le surveillant de prison exercent du pouvoir.

Sa philosophie ne peut pas se séparer de la vie. La réponse philosophique ne peut être séparée des choix de vie pour Foucault. Ils y ont gagné à coup sûr une conscience beaucoup plus concrète et immédiate des luttes. Et ils ont rencontré là des problèmes qui étaient spécifiques, non universels, différents souvent de ceux du prolétariat ou des masses. La question de savoir si Foucault a été postmoderne reste en suspens.

Sa philosophie a déplacé les analyses sur le pouvoir. Il a cherché à montrer que chaque époque produisait un discours dominant et cohérent. Cet ordre du discours énonce la vérité sur le monde et impose ses normes.

Sa conception du pouvoir comme relation et comme dispositif est devenue un lieu commun au sein des sciences humaines. Il a commencé par critiquer les abus du sociologisme et du psychologisme. On peut dire que les idées novatrices de Foucault font maintenant partie de la boîte à outils critique postmoderne: Toni Negri, par exemple, cite Foucault comme une référence majeure: Michel Foucault, comme Jacques Derrida, est maintenant un auteur postmoderne.

La vulgarisation et la dissémination des textes et des thèses ont inclu ces deux auteurs dans la postmodernité. Un peu plus tard il parlera de champ social.

Son approche théorique peut se lire comme une injonction à changer, un appui pour le devenir autre, une visée éthique.

Il développe cette approche dans un cours de intitulé Théorie des multiplicités chez Bergson. Il ne reprend pas le côté spirituel de Bergson: Notre culture, marquée par la science, a tendance à lier espace et durée.

Cette manière de voir refuse les notions philosophiques négatives: Pour Deleuze, ce sont des fictions qui nient la vision différentielle du monde. La différence, pour Deleuze, est interne au monde, elle est un processus, une différenciation virtuelle ou réelle actualisée. La durée reste une méthode pour appréhender le réel et devient ontologie.

Dans une présentation de la philosophie de Deleuze, un commentateur reconnaît que ce concept peut poser problème: Cet interprète insiste sur la différence comme être. Il rappelle le mot même de Deleuze: Deleuze utilise des notions nouvelles et inhabituelles en philosophie: La ritournelle, par exemple: Elle fabrique du temps. Comme la ritournelle, la déterritorialisation concerne le monde artistique et le champ social et politique. Pour Deleuze et Guattari, la question de la déterritorialisation est liée au fonctionnement même du capitalisme: La loi de la valeur quantifie et universalise.

Les machines désirantes sont captées et intégrées au processus de marchandisation mondiale. Chez Deleuze et Guattari, le désir est défini comme production selon la perspective vitaliste propre à ces deux auteurs: Le modèle du rhizome est associé au nomadisme.

Dans le contexte des sociétés de contrôle, la différence vise la création. La critique permet de se débarrasser des mystifications, qui empoisonnent la vie comme la morale. La morale utilise des critères transcendants extérieurs à la vie: La philosophie de Deleuze encourage alors les possibilités de création pour vivre autrement. Pour lui, être de gauche est une affaire de perception: Donc, je peux dire, à la lettre: Deleuze écrit une philosophie de la puissance.

Il se situe dans la continuité de Spinoza. Gilles Deleuze a produit sa philosophie dans la postmodernité et pour la postmodernité. Pour lui, la philosophie est système, une philosophie de la création selon Arnaud Bouaniche. Un écho à la biopolitique de Foucault. Il nous reste à poser la question de savoir si Gilles Deleuze est un philosophe postmoderne. Le succès de la pensée de Deleuze est indéniable. Il a conquis les surfeurs, de nombreux artistes, beaucoup de militants politiques, des étudiants en philosophie et quelques professeurs.

Effectivement Gilles Deleuze a su nous parler. Et son message, si important, ne doit surtout pas rester aux mains des universitaires, des analystes et exégètes de tous poils: Ces machines interviennent dans tous les domaines de la vie.

Ces théories peuvent être utilisées de façon opposée: Nous avons déjà rencontré cet auteur avec sa critique de la raison et son éloge de la raison sensible. En continuité avec cette première rencontre, nous allons maintenant aborder sa sociologie. Selon ses propres termes: Le local, parce que Maffesoli remarque: Dans les jungles de pierre que sont les mégapoles contemporaines, la tribu joue le rôle qui était le sien dans la jungle stricto sensu.

Les identifications multiples, par contre, se multiplient. Devenir spiralesque du monde! Son analyse sur le tribalisme est surprenante. Il valorise les tentatives des humains dans le cadre contemporain, mais il accepte le cadre, il ne le conteste pas. Il accompagne et interprète. Sa position correspond bien au modèle de Bauman sur les intellectuels postmodernes.

Effectivement, Maffesoli se refuse à être un législateur. Maffesoli parle également du réenchantement du monde. Amour de ce monde-ci. Désintérêt pour les arrières-mondes possibles.

Un situationisme généralisé en quelque sorte. Laissons là les certitudes compassées du bourgeoisisme finissant. La thématique du tragique est le vigoureux appel à penser le réenchantement du monde. Selon ces auteurs, il existe deux types de critiques, la critique sociale et la critique artiste: La critique sociale a plutôt été portée par les syndicats et les courants politiques comme le socialisme et le communisme.

Quant à la critique artiste, elle est rattachée à la révolte de Mai et aux diverses avant-gardes artistiques. Un monde où la communication, la rapidité, la souplesse, la réactivité sont la règle. Il faut être capable de tirer parti de tout et ce dans toutes les situations. Nomadisme, adaptabilité sont des concepts parfaitement intégrés au système managérial. Cette évolution accentue la pression sur les salariés, les managers transfèrent sur leurs épaules le facteur risque.

Christophe Dejours a observé ce phénomène dans son livre Souffrance en France. Ce faisant, la domination, le rapport de violence réelle et symbolique lié au salariat est occulté. Ce livre nous explique comment le système capitaliste est capable de produire les conditions de possibilité de sa survie et de son renforcement. Il a été contraint de quitter la Pologne communiste en lors des persécutions antisémites. Le lien de causalité est perçu comme diffus, voire complètement dissous.

Il est plongé dans une certaine irréalité du temps confronté à des rencontres aléatoires. Pour lui, nous sommes dans un désordre mondial.

Bauman analyse le déclin des États et leur multiplication selon la même causalité. Selon des chiffres de , la tendance est la même: Les flux les plus importants en valeur, les plus rapides, les plus fluides et les plus constants concernent les capitaux. Chaque jour le volume des transactions sur le marché des changes est plus que 60 fois supérieur au volume journalier du commerce mondial.

Cette circulation est caractérisée par une unité de lieu: Dans ce cadre, il estime que la notion même de politique est problématique. Cette analyse du rôle pénal des États est assez proche de celle de Loic Wacquant. Celui-ci parle des prisons de la misère et des choix de société qui ont choisi de punir les pauvres.

Pour Zygmunt Bauman, en particulier dans son livre sur Le coût humain de la mondialisation, nous sommes bel et bien pris dans une stratégie de la différentiation. La survie dans les mégalopoles implique une séparation - exclusion. Ce constat est du même ordre que celui qui note un changement radical dans la façon de faire la guerre.

Zygmunt Bauman revient sur la notion de panoptikon employée par Michel Foucault. Il explique que le panoptique était une machine de guerre contre la différence, contre la liberté de choix et contre la diversité. Il analyse le développement des systèmes informatiques comme ce qui permet la mobilité à une certaine catégorie de population et oblige les autres à la fixité. Il synthétise cela en disant que les locaux regardent les mondiaux.

Les pauvres sont nourris avec le spectacle des riches. Le constat est confirmé par les chiffres concernants le temps passé à regarder la télévision. Les statistiques concernant le temps passé devant la télévision montrent que ce spectacle fonctionne bien: Il note trois thèses qui recouvrent idéologiquement ce phénomène.

Le thème du danger est immédiatement associé à ces contrées, le besoin de forteresse est ainsi présenté pour se protéger de leur violence. Il faut toujours et sans arrêt mobiliser le consommateur. La satisfaction est le malheur du consommateur et le capitalisme nous installe dans une perpétuelle tentation et la dépendance.

Nous alternons consommation et insatisfaction pour le plus grand bien du capitalisme. Pour lui, la consommation implique le mouvement permanent. La société actuelle nous laisse toujours insatisfaits pour mieux se perpétuer. Le nombre de personnes condamnées, emprisonnées augmente sans cesse.

Le monde tend vers une dualité extrême: Dans un article publié par le journal Libération en , Zygmunt Bauman évoque Une planète pleine et sans espace. Nous sommes confrontés de nouveau au paradoxe de la postmodernité.

Si la cause des difficultés est sociale, le changement doit être social. Son livre sur les intellectuels est une critique de la décadence des intellectuels. Un libraire en résume le propos: La société postmoderne a fait du monde un marché au sein duquel les individus se sentent protégés des peurs extérieures et du vide social.

Bauman évoque la vie en miettes pour décrire la postmodernité en La sociologie de Zygmunt Bauman nous transmet des analyses pessimistes, sans doute est-ce le prix de la lucidité. Eve Chiapello et Luc Boltanski nous ont expliqué comment les capitalistes et le management ont intégré la critique artiste pour se renforcer.

Bauman constate les effets du processus dans la postmodernité, un des résultats de son travail est le suivant: Il paraît en Ce qui situe les débuts de la postmodernité à la fin des années soixante-dix du XXe siècle. Les artistes en parlent les premiers, presque aussitôt suivis par un philosophe: Des sociologues abordent le sujet à la fin des années quatre-vingt, soit dix ans après et des psychanalystes constatent les effet psychiques environ cinq ans plus tard.

Au-delà des apparences classiques, hystérie ou névrose obsessionnelle, les blessures narcissiques, les risques de psychose, les symptômes psychosomatiques montrent tous une particulière difficulté à se représenter. Il publie successivement trois livres qui forment une suite. Ehrenberg propose de voir la dépression comme une pathologie du changement et non comme le résultat de la misère économique et sociale. Si la névrose est une maladie liée à la loi, à la culpabilité, au conflit, la dépression au contraire est fondamentalement associée à un déficit, à une insuffisance.

Le conflit qui règne au sein de tout être névrosé pourrait être un soutien de taille, un moteur pour le dépressif qui manque de tout. Pour pallier ce vide, de plus en plus de dépressifs recourent à la drogue, pour se donner une contenance contre ce vide omniprésent, ou pour fuir simplement leur dépression.

Observant ce manque de conflictualité au sein de la dépression, Ehrenberg constate alors que le débat est passé à un autre niveau: Le mot psychose étant réservé aux affections les plus graves. Les définitions classiques de ces maladies font partie du cursus scolaire. Un cours pour les étudiants en kinésithérapie nous propose de façon classique et un peu datée à la façon de Freud ces définitions au chapitre psychopathologie: La castration apparaît alors non plus comme une représentation symbolique mais comme une menace réelle.

La proximité de la psychose est un des éléments constitutifs de la définition. Les états-limites ont été apparentés tour à tour aux préschizophrénies, aux schizophrénies incipiens, aux déséquilibres et aux névroses atypiques, aux cas classiquement dénommées schizomanies, aux maladies du caractère ou même aux comportements pervers.

Le DSM-3 nous dit ceci: Le DSM requiert au moins cinq des manifestations suivantes: Son article a pour titre Une psychanalyse postmoderne: Une idéologie qui conduit progressivement à exclure la notion de limites. On passe toujours par les mots des autres, à commencer ceux de notre mère. La figure du père, ou de la personne qui en tient lieu, montre comment le désir est vivable. Ce qui explique que, quand il y a forclusion, la symbolisation ne fonctionne pas très bien. Freud avait déjà expliqué que la civilisation humaine fonctionnait en appui sur cette limitation de jouissance: Chaque sujet est introduit, contraint et forcé, à ce mode de traitement par ces éducateurs naturels que sont les parents.

Le désir naissant de cet empêchement de base que je nomme traitement. Il va intégrer le non à la jouissance. Les jouissances sont fabriquées, artificielles et font partie des produits de cette nouvelle économie psychique. Cette nouvelle économie psychique est-elle si pessimiste? Il a publié un livre sur Les corps angéliques de la postmodernité.

Il emploie ouvertement le concept. Cet angélisme se manifeste de multiples façons: Et pour se faire souffrir, afin de retrouver des sensations qui nous appartiennent en propre!

Privé de rêves, le corps se fige! Comment recommencer à rêver? Les rêves sont télévisés, technicisés. Le corps est grand comme le monde et tout est absorbé par le réseau.

Le monde postmoderne ne nous demande aucun acte de foi, il nous impose un renoncement à la liberté. Les humains sont devenus marchandises. Comme le dit un article du psychanalyste Jack Bensimon: Elle fait partie de la vie. La postmodernité voudrait nous faire croire le contraire. Le sujet humain doit toujours faire un effort de subjectivation pour supporter la rencontre, pour verbaliser son existence, ses désirs, pour calmer ses angoisses.

La dépendance à la marchandise et au spectacle est bel et bien citée comme une des caractéristiques du capitalisme postmoderne. Le sujet critique de Kant et le sujet névrotique de Freud nous ont fourni à eux deux la matrice du sujet de la modernité. La mort de ce sujet est déjà programmée par la grande mutation du capitalisme contemporain. Dufour est en phase avec le constat de Toni Negri: Dufour développe la thèse suivante: Seule compte la valeur monétaire.

On retrouve ici la déterritorialisation de Deleuze et Guattari. Le capitalisme postmoderne ne tolère plus aucune entrave à la circulation des marchandises.

Ce nouvel âge du capitalisme, selon Dany-Robert Dufour, détruit le sujet à plusieurs niveaux. Le sujet critique de Kant est en difficulté, parce que la raison critique est dévalorisée au profit des émotions, des images. Le système nous promet une plus-value narcissique, si on achète tel ou tel produit, notre qualité variant avec notre capacité monétaire.

Le second sujet attaqué par le capitalisme est le sujet freudien. Le névrosé est confronté à la dette symbolique. Cette dette est une dette impossible à payer. Le sujet critique des Lumières et le sujet freudien sont les mêmes. Le sujet est soumis à la nature et à ses forces. Ce sont des dieux immanents, qui déterminent des événements dans lesquels je suis pris.

Ensuite, le sujet est soumis au dieu des monothéismes. Ce dieu-là est lointain, il est transcendant, unique dans chaque religion. Augustin parle du maître intérieur. Il y a une délibération en chacun de nous. Ce dialogue avec soi, on le trouve également chez Montaigne. Il est présent chez Rousseau. Les monothéismes sont accompagnés de constructions politiques et de formes culturelles et symboliques.

Le Roi-Soleil illustre bien ce moment historique, autour de lui il y a des astres plus ou moins proches. Plus tard, nous arrive un nouveau grand sujet: Il apparaît comme grand sujet suite à la révolution française et aux autres révolutions, qui ont eu lieu en Europe. La démocratie et la raison deviennent les nouvelles références.

Le capital se déploie et se développe de plus en plus sur des activités à haute valeur ajoutée: Dans ces activités, la part du travail salarié peu ou moyennement qualifié est parfois extrêmement faible.

Cet auteur, ajoute que le capital prospère désormais sur la gestion des finances dans des mouvements spéculatifs de grande ampleur. Cette évolution fonctionne avec des nouveaux mécanismes financiers et de nouveaux outils de gestion du capitalisme. Les risques sont connus et les crises financières se succèdent les unes après les autres. La valeur travail a donc tendance à diminuer de part les délocalisations et le fonctionnement du capital financier.

André Gorz parle à ce sujet de La production du consommateur: Il était lié à la classe ouvrière et avait un aspect collectif. Le modèle du sujet marxien est devenu obsolète. Les difficultés du sujet postmoderne sont liées à la désymbolisation opérée par la mutation anthropologique en cours. Félix Guattari était psychanalyste et philosophe. Il a écrit plusieurs livres avec Gilles Deleuze. Les individus sont les parties sérielles de la société. Les sujets sont un effet de la subjectivation.

La singularité du sujet peut se fondre dans la masse, mais isoler la partie indivisible de la masse ne suffit pas à trouver le sujet.

Dans ce cadre, la notion de vérité est différente de la vérité proposée par la science. Les difficultés du sujet sont importantes. La transcendance a été disqualifiée. En conséquence, la crise du sens au niveau collectif perturbe la subjectivité au niveau personnel. La fin des idéologies était la fin des idéaux de changement de la société.

Les grands desseins ont disparu, il ne reste que la gestion. La gestion est technique. Aux questions soulevées en politique, elle répond par des dispositifs techniques, des procédures, des lignes de crédit ou des produits.

La gestion évacue le contenu politique des luttes des sujets individuels et collectifs. La question de la légitimité des lois est réduite à la légalité. Au mieux, cela se traduit par le respect des procédures législatives, mais souvent ce sont des décrets et des circulaires qui énoncent les règles à respecter.

La domination a pris un tour mental. La maîtrise de la langue est devenue un enjeu pour le maintien et la reproduction du capitalisme. Les nazis ont inventé des mots pour servir leur propagande.

Il y a eu une langue nazie. Ils ont gagné aussi par la langue en changeant la valeur des mots, en transformant la langue allemande en moyen de domination. La maîtrise de la langue a permis la manipulation des masses.

Une langue, qui se propage dans tous les domaines pour endormir le peuple, le rendre indifférent aux injustices et aux inégalités. Une langue, qui sert le consensus au profit de la domination capitaliste actuelle. Il situe la naissance de cette langue aux alentours des années 60 du XXe siècle, elle se déploie massivement dans les années 80 - 90 de la fin du vingtième siècle. Eric Hazan étudie la modification du sens des mots, le changement de la valeur des concepts et leur fréquence.

Le message implicite est porté par la langue, les mots sont vidés de leur sens premier. Il constate le caractère performatif de cette langue: Contournement, évitement, substitution, atténuation. Avec les euphémismes, il est possible de cacher une réalité, contourner un non-dit.

Ils sont alliés dans une lutte contre les salariés, mais, avec ce terme, les deux parties sont mises sur le même plan. Les dominants sont ainsi débarrassés de toutes visées agressives. Eric Hazan note que de nombreux anglicismes sont utilisés, par exemple, la gouvernance.

La LQR emploie la notion de catégorie sociale, plus neutre et apparemment plus objective. La LQR masque la réalité. Il faut assez fréquemment camoufler les contresens ou cacher le vide derrière les mots employés.

Le terme crise est très souvent présent dans les discours politiciens ou médiatiques. Pourtant, il est question de problèmes chroniques, qui durent depuis longtemps et dont les origines sont liées au fonctionnement même du capitalisme actuel. La croissance est un mot magique, très important politiquement. Elle est scientifique et appuyée sur analyses chiffrées, mais ces données sont incontrôlables.

La croissance est censée résoudre tous nos maux. Pas de questions sur le type de croissance, ni pour qui et pourquoi il faudrait croître. Ce suffixe efface le passé dérangeant. La dénégation freudienne existe lorsque nous refoulons ce que nous avons en nous, ce qui nous pose problème, la violence par exemple, ou des désirs inavouables. Par exemple, il est question de la transparence, des élites, de la diversité, du dialogue social, de la concertation, etc.

Nos dominants affirment la solidarité haut et fort, mais sans aucun acte. Certains mots perdent leur sens initial pour être dévalués, devenir creux, sans consistances.

Par contre, la notion de modernisation fait fureur en tant que processus présenté comme inéluctable et allant toujours dans le sens du progrès. La société civile est généralement récupérée et glorifiée comme un partenaire de la vie politique.

Les liens sont biaisés par la dépendance financière et politique des ONG vis-à-vis des États. Autre exemple de renversement de la dénégation freudienne: De grands mots pour masquer une réalité historique et quotidienne bien plus sombre: Les nobles sentiments sont survalorisés pour les classes dominantes.

Le paternalisme fonctionne bien, il existe des ministres délégués aux défavorisés. La LQR a intégré très rapidement une sémantique antiterroriste. Le mot islamiste est devenu un épouvantail. La LQR parle de couche sociale ou milieu au lieu de classe sociale. En permanence, il faut recoller les morceaux. Ce que les critiques sociales et politiques nommaient la lutte de classe.

Ce procédé est particulièrement flagrant dans le monde du capitalisme financier. Pourtant, le capitalisme financier est une activité fortement marquée par le parasitisme, elle a des conséquences sociales destructrices, cette évidence doit être dissimulée. Eric Hazan emploie souvent des métaphores médicales pour parler de la LQR: Nous sommes passés des pauvres aux exclus, de la justice sociale à la charité spectacle. Il faut cadrer les discussions possibles et empêcher les autres.

La LQR est la langue de la domination, une langue de domination. Son livre est comme une leçon de liberté pour retrouver la saveur de la langue. Nous retrouvons les jeux de langage du début de notre analyse. Il va dans le même sens que Luc Boltanski et Eve Chiapello dans leur livre sur Le nouvel esprit du capitalisme. La LQR décrite par Hazan est bien la langue des maîtres postmodernes.

Nous sommes donc dans une biopolitique qui prend toute la vie. La domination est devenue une domination mentale qui passe par les mots et les médias. La démocratie est devenue médiatique. Dans le même temps, la démocratie a évolué, elle est maintenant une lutte pour les places.

La politique des temps postmodernes se présente comme une politique sans sujet. Ceci est une tendance, car malgré ces dispositifs, le sujet est présent de temps en temps, sur le plan personnel ou sur le plan collectif. Sa présence apparaît toujours de façon provisoire en pointillé.

Le cas désespéré de certaines personnes perturbe régulièrement les termes de la discussion. Dans le premier cas, il y a identification des personnes à une question, une situation. Ces identifications rendent le sujet compatible avec le système et le font disparaître dans la ronde perpétuelle des marchandises et du spectacle. La gestion institutionnelle étant en charge de la réponse pratique.

Dans le second cas, le sujet est laminé physiquement et susceptible de condamnations judiciaires fortes, qui le dissuaderont de recommencer à se révolter. Dany-Robert Dufour note que: En attendant Godot annonce que nous ne serons plus sauvés. Il parle ouvertement de décroissance et de la décolonisation de notre imaginaire. Il agit dans le champ politique, mais aussi et surtout dans son mode de vie.

Toni Negri pense également cette situation en terme biopolitique. Sa position provoque débat. Pour lui, la multitude est toujours une avancée positive. Mais, la multitude, comme tous les modes de vie alternatifs, peut dériver vers une intégration au système capitaliste.

On le constate souvent. Dans les époques précédentes, les humains ont cru à la vérité, qui incluait des garanties, le résultat a été catastrophique. Le développement de ces logiciels a un aspect existentiel. La notion de communauté est très présente dans ces réseaux. Ce qui est conforme aux observations sur la postmodernité.

Dans le même temps, les caractéristiques du logiciel libre ont séduit le capitalisme. Ce domaine est une des composantes de ce que Moulier Boutang nomme le capitalisme cognitif. Son étude démontre très clairement que le secteur du logiciel libre est devenu une nouvelle modalité du développement du capitalisme.

Nous ne vivons pas une transition socialiste. Le lien entre la multitude et le nouveau capitalisme est assumé ouvertement par cet auteur. Ceci prend un tour paradoxal avec Google. Cette entreprise a bâti sa fortune sur la fourniture de services gratuits, elle a construit son hégémonie sur cette méthode.

Elle tire ses revenus de la publicité, des liens commerciaux, et de la vente de quotas de clics sur des mots clé. Activité qui est loin de la production industrielle étudiée par Marx. Sa croissance est impressionnante.

Google a été créé en Dix ans après, début , Google valait quelque milliards de dollars à la bourse de Wall Street. Google posséderait le parc de serveurs le plus important du monde avec environ machines réparties sur plus de 32 sites de par le monde et emploie plus de 16 personnes. Les serveurs de Google fonctionnent sous Linux et Google a choisi de soutenir Linux dans sa lutte contre Microsoft. Les conditions de travail chez Google sont présentées comme idylliques.

Par exemple, voici quelques données à ce sujet: Google est devenu une sorte de nouveau sujet politique dans notre environnement mental. Il influence nos recherches et nous guide dans notre vagabondage sur la toile. Il semble bienveillant, il est efficace et plutôt sobre dans sa manière de faire de la publicité. La force de ses propositions gratuites, son efficacité et sa rapidité donnent une très bonne image de cet outil informatique.

Autant Microsoft a su cristalliser les oppositions à son modèle commercial, autant Google sait se faire apprécier. Le monopole devient invisible. Pourtant les critiques existent, par exemple, la censure est bien là.

Cette entreprise construit sa puissance en indexant et en sauvegardant toutes sortes de données, dont des données privées, comme les cookies, qui sont gardées deux ans. Ce sont de petites séquences de données gérées par les serveurs et qui accompagnent nos visites sur la toile. Si un site veut augmenter la fréquentation des internautes, une des solutions est de créer des pages indexées à la façon de Google.

Le moteur de recherche travaille avec des mots-clés, des notions, des auteurs. La postmodernité contemporaine est théoriquement et pratiquement liée à Google. Au contraire, Google nous dit: Le lien de proximité entre soi et la machine est très fort.

Google est inclus dans notre existentiel, il fait partie de la biopolitique postmoderne, une partie de notre vie est liée à Google. Cette entreprise est emblématique du nouveau capitalisme et de sa croissance exponentielle. Son livre Le pari de la décroissance explique sa démarche. Se contenter des réformes était considéré comme insuffisant. Il fallait penser la transformation en profondeur de la société.

La postmodernité bouleverse notre façon de concevoir et de faire de la politique. En premier lieu, le désir de politique hérite des idées et des actions des générations antérieures. Le concret prend le dessus sur la formation et la réflexion.

Les recherches en psychologie sociale nous transmettent, entre autres, des analyses sur la reproduction du pouvoir au niveau collectif et au niveau personnel. Les constats historiques sont surprenants.

Ces recherches ont abouti à la notion de soumission librement consentie. Ces travaux sont importants pour la conception du sujet politique postmoderne. Ils expliquent, que pour soumettre une ou des personnes, il faut commencer par la déclarer libre et ensuite lui fournir de grands idéaux humanitaires. Ces idéaux sont à la base de la rationalisation de la soumission. Ce processus est inconscient. Cet engagement est lié aux émotions et au regard. Une fois que nous avons dit oui à un petit engagement, nous ne pouvons pas revenir en arrière facilement.

Beauvois et Joule pensent que la manipulation psychosociologique est immanente à notre société. La société autoritaire repose sur la coercition. Pourquoi des êtres libres accepteraient-ils de se soumettre sans contrainte, cette observation paraît énigmatique de prime abord. Quand on aborde ce sujet, les personnes se sentent tout de suite agressées.

Mais, la psychanalyse confirme le propos, puisque inconsciemment nous échangeons, via le langage, notre soumission contre une place et un discours, discours qui donne du sens à notre vie. Cette analyse du fonctionnement psychique humain a plusieurs conséquences: Elle fournit une explication aux difficultés que rencontrent souvent les alternatives autogérées.

Notre enfance nous a appris à nous soumettre pour exister et nous sentir aimés. La postmodernité perturbe le fonctionnement intime et inconscient antérieur, le maître ne parle plus, le ciel est vide et les humains sont plongés dans la détresse.

Personne ne transmet le sens, contrairement aux périodes passées. La perte des repères, si souvent observée, est le résultat de cette modification dans notre construction subjective. Les humains ont rejeté, à juste raison, la religion et le patriarcat. La transcendance ne fonctionne plus, il nous faut inventer du sens qui nous permette de tenir debout. Les capitalistes ne répondent pas à la question du sens, cela ne rentre pas dans leurs préoccupations, contrairement aux dominants antérieurs.

Seule compte la quantité et la continuité du système par la maîtrise du pouvoir politique. Cette tâche est à hauteur de la crise de civilisation dans laquelle nous sommes plongés. Postface Au terme de notre parcours sur et dans la postmodernité, nous pouvons conclure que le biopouvoir du capitalisme total capte la subjectivité humaine.

La subjectivité est le support de la domination mentale de notre temps. Le désir est annexé pour faire fonctionner la consommation, elle-même nécessaire à la réalisation de la plus-value. Tout cet ensemble contient de multiples contradictions. Certaines de ces contradictions existaient dans la modernité, comme celle entre le capital et le travail. Elles peuvent être repérées, parce que souvent elles énoncent des injonctions paradoxales.

Cette méthode est connue pour induire la schizophrénie et rendre fou. Nous rencontrons souvent ce phénomène dans le contexte postmoderne.

Selon Bateson et consorts les éléments qui composent une double contrainte ou le double bind peuvent se décrire ainsi: Le contexte peut être familial, amical, amoureux, idéologique, etc. Dans un tel contexte, un message est émis qui est structuré de manière telle que: Ainsi, si le message est une injonction contradictoire, il faut désobéir pour lui obéir. La réaction peut être soit la métacommunication critique, soit le repli, ce qui est le cas le plus courant. Citons Guy Rosolato dans un numéro de la Nouvelle revue de psychanalyse datée de et republié dans le volume Narcisses dirigé par J.

Nous retrouvons ainsi un champ et une bipolarité qui évoquent ceux du narcissisme: Le pouvoir des mots est lié à la domination mentale actuelle. Cela produit une ambiance schizophrène, élément déjà noté par Deleuze et Guattari. Le double bind fonctionne majoritairement au service de la domination du capitalisme postmoderne. Les injonctions contradictoires sont bien le signe que nous sommes dans une situation paradoxale.